Présentation

Racontez-nous votre histoire en quelques mots…

« Je suis originaire de Le Mans, je suis née le 1er août 1996. J’ai grandi à la campagne jusqu’à mes dix-huit ans. Après mon bac littéraire, je décide de partir immédiatement vivre « ma grande aventure parisienne ». Même si mon rêve est le théâtre, je délaisse cette idée au fur à mesure de mes années aux Beaux-Arts. »

Histoire Artistique

Racontez-nous votre/vos première/s expérience/s à l’art ?

« Ayant vécu à la campagne, l’accès à l’art était très restreint, donc je me renseignais à la bibliothèque sur les grandes figures de la peinture – Léonard de Vinci, Michel-Ange, Picasso, Delacroix… La première fois que je suis allée au Louvre, j’avais 14 ans, je me souviendrai toujours de la sensation d’immensité qui m’avait frappée. Voir tous ces chefs-d’œuvre en vrai était comme un rêve éveillé. »

La voie artistique : Comment définiriez-vous votre parcours artistique ?

« Mon parcours artistique a réellement commencé quand je suis rentrée à Prep’art en 2017. Pendant quelques années, j’ai pris des cours de peinture, mais je connaissais très mal la scène contemporaine française. J’ai débarqué à Paris alors que je n’y étais presque jamais allée ; c’était assez rude, mais j’étais curieuse et heureuse d’apprendre sur l’art et les artistes d’aujourd’hui. »

Première Œuvre

La Plage - 33 x 24 cm – Huile sur toile – 2004 (8 ans)
La Plage - 33 x 24 cm – Huile sur toile – 2004 (8 ans)

A quel moment de votre vie est venue l’envie de créer, d’où est venue l’inspiration ? La naissance de votre première œuvre…

« C’était il y a bien longtemps maintenant, j’étais toute petite et ma tante chez qui j’étais en vacances m’avait emmenée avec elle à son cours de sculpture, car je dessinais déjà beaucoup ; elle pensait que ce serait intéressant pour moi de rencontrer son professeur artiste. J’ai découvert un grand atelier où peintures et sculptures cohabitaient dans une parfaite harmonie. C’est lors de cette rencontre, que j’ai réalisé ma première peinture à l’huile ci-dessus et que j’ai décidé de faire les Beaux-Arts, lorsque je serai plus grande. »

Quelles sont vos influences, vos références, vos goûts ?

« J’ai des goûts assez éclectiques, je suis une grande admiratrice du Romantisme, du Naturalisme, de l’Impressionnisme – des fauvistes et des pointillistes… J’aime beaucoup sillonner les musées pour découvrir de nouveaux artistes, toutes époques confondues. »

Quelle époque artistique vous fait vibrer ?

« La Renaissance italienne est vraiment l’époque artistique qui me passionne le plus. Je me demande toujours comment à un même moment, ont pu cohabiter Léonard de Vinci, Michel-Ange, et Raphaël… Cette période d’essor est quasi surréaliste comme les œuvres qui en découlent. »

Avez-vous “un rituel” de création ?

« Je n’ai pas de rituel de création précis. Je peins quand j’en ressens le besoin et l’envie, parfois avec ou sans musique. Je peux peindre deux heures comme toute une journée, cela dépend, rien n’est fixe. Je m’adapte avec mon humeur du moment, et je fais avec ce qui vient. »

Quel est votre rapport au temps quand vous créez ?

« J’oublie complètement le temps, un espace se créé naturellement et je me sens ailleurs, c’est très agréable. »

On dit que seuls les artistes peuvent accéder à leur moi-profond. Qu’en pensez-vous ?

« Je pense qu’en laissant venir les choses, en peignant et en s’abandonnant à la création, on a en effet accès à notre « moi-profond » même si cela ne nous saute pas aux yeux dès le départ. La peinture peut vraiment devenir un moment d’introspection intense, où l’on réfléchit sur soi-même, sur le monde en général et notre place par rapport aux autres. »

La littérature, le cinéma, l’actualité, sont-ils sources d’inspiration ?

« Je m’inspire de beaucoup de choses ; cela peut-être des objets du quotidien, des images de film, ou encore des livres. Cela peut être une lumière dans le coin d’une pièce, de belles mains, un joli tissu ; bref, tout ce qui m’entoure où je trouve un potentiel plastique. »

Parmi les chefs-d’œuvre de l’histoire artistique universelle, toute période confondue, de quelle œuvre auriez-vous aimé être la créatrice ?

« C’est difficile à dire car il a tellement de belles choses à travers les siècles. Je crois que la Chapelle Sixtine reste un miracle d’exécution et de composition. »

Si vous aviez un don d’ubiquité, dans quels endroits aimeriez-vous être simultanément ?

« J’aimerais pouvoir peindre, dessiner et écrire simultanément, pour ne jamais avoir à faire un choix entre ces trois activités qui me plaisent tant. »

Si vous aviez 1 seul mot pour caractériser votre art, lequel serait-il ?

« Unique. Comme toute peinture réalisée par tout artiste. »

Peinture

Votre technique de peinture ?

« Huile, définitivement. »

Le choix du support ?

« J’aime tout, toile de lin sur châssis, toile au mur, peinture sur bois, je suis curieuse de trouver des supports différents. J’aime tendre ma toile moi-même, c’est la première connexion avec ma future peinture. C’est une étape très importante pour moi, et si je travaille sur bois j’aime aussi le préparer moi-même. »

Vous sentez-vous limitée par la technique face à votre imaginaire ?

« Jamais, c’est au contraire le prolongement de ce qui est possible. J’essaie de ne pas partir avec une idée déterminée ; je fais un croquis quand c’est nécessaire, mais j’aime me laisser surprendre. Je laisse les choses évoluer en accueillant du mieux possible les changements qui se présentent. »

Quelle importance donnez-vous à la couleur et à la lumière ? Comment travaillez-vous la couleur ?

« La couleur et la lumière sont vraiment au centre de mes préoccupations, j’essaie de me rapprocher des teintes naturelles pour les corps et les visages, sans dénaturaliser la transparence de la peau et de la lumière qui s’y reflète. J’accorde aussi une grande importance au contraste, où le travail sur la couleur et la lumière sont primordiales. »

Vos œuvres ont-elles vocation à transmettre un message ?

« Je dirai que oui, même si ce n’est pas évoqué de manière évidente. Je suppose que dans chaque peinture, il y a toujours un message à décoder et une histoire à raconter. »

Quel est l’apport de votre activité artistique à votre vie de jeune femme ?

« Je crois que c’est ce qui me façonne jusqu’ici, toute la liberté à laquelle j’aspire est dans mes toiles ; c’est un moyen de m’évader lorsque j’ai besoin de le faire. J’ai à cœur de la développer dans ma vie personnelle, suivre mes inspirations et mes idées sans me freiner, comme j’ai appris à le faire dans la peinture. »

Comment pensez-vous l’équilibre entre le réalisme et l’expressivité de vos œuvres ?

« Je pense que le réalisme n’est en aucun cas un frein à l’expression artistique. Tout est une affaire de goûts et de choix. Je sais que pour moi le réalisme est un vecteur de ma pensée, j’ai besoin d’éléments figuratifs pour m’identifier et texturer ma peinture. »

Si vos œuvres étaient un prétexte, lequel serait-il ?

« C’est un prétexte à l’évasion, regarder le temps d’une peinture les choses autrement. C’est aussi l’occasion de se laisser porter par l’inattendu. »

Pouvez-vous nous raconter quelques-unes de vos œuvres :

« Cette peinture est spéciale pour moi car elle raconte mon quotidien. C’est l’histoire d’une lumière un soir, qui frappe mon oreiller au moment même où je passe la porte de chez moi. Je pense immédiatement aux draps de Rola, d’Henri Gervex. J’ai alors l’idée de m’inspirer de mon quotidien pour raconter des histoires de peintures qui me plaisent, sans les représenter mais juste en évoquant leur nom. C’est le début d’un jeu avec l’histoire de l’art et mon histoire à moi, que je m’amuse à mêler sans retenue. »

Ci-dessous :
Rola, huile sur toile, 24 x 19 cm, 2020
Le Verrou, huile sur toile, 24 x 19 cm, 2020

« Le rideau rouge est le prolongement de mon oreiller ; il y a eu une lumière incroyable sur le rideau du salon, chez mes parents.

Le contraste et la vibration des couleurs m’ont impactée. J’ai immédiatement pensé au « Verrou » de Fragonard. J’aime beaucoup cette œuvre, pleine de mouvement et ambiguë. J’ai eu à cœur de faire une référence à celle-ci, sans pour autant que ce soit évident, plus dans l’idée d’un clin d’œil. »

Jean-Honoré FRAGONARD, Le Verrou – entre 1774 et 1778 – Musée du Louvre, Paris

Actualité artistique & Projets

Sur quel/s projet/s travaillez-vous actuellement ?

« En ce moment, je travaille sur bois, je fais des papillons naturalisés pour leur transparence mais aussi pour leur fragilité. Cela rejoint l’idée de la collection que j’avais mise en place dans mes précédentes peintures. L’idée de l’enfermement me paraît assez liée à la période que nous traversons, nous sommes privés de nos libertés, donc il faut trouver d’autres moyens de nous échapper de notre quotidien. »

Quelle est la dernière exposition qui vous a passionnée ? Pourquoi ?

« Malheureusement, les musées sont fermés depuis un long moment… J’ai passé mon diplôme en octobre, je n’ai pas eu beaucoup le temps de courir les expos… »

Quelques mots sur l’actualité …

« C’est compliqué… Mais j’espère que ça va s’arranger. Heureusement la culture est de plus en plus dématérialisée, et les musées savent s’adapter ainsi que les galeries. En bref, il y a toujours de quoi rester curieux et je reste persuadée que l’art est vraiment capable d’adoucir le climat de peine qui frappe le monde en ce moment. »

Quel est le dernier artiste que vous avez découvert et qui vous a séduite ? Pourquoi ?

« Je crois que ce n’est pas une découverte mais une redécouverte. Après avoir écrit l’article sur la période solaire de Magritte, j’ai été surprise par sa vulnérabilité, son enthousiasme, et désolée que ses relations ne soient pas si évidentes avec les autres surréalistes – notamment avec André Breton. C’est touchant de voir les difficultés et les failles, en parallèle du rayonnement culturel actuel de sa peinture. »

Que pensez-vous de la phrase de Confucius (551-479 av. J.C.) :

« C’est sûr que la vie nous façonne de bien des manières, nous ne naissons pas égaux… Mais c’est également une question de point de vue, soit on choisit de voir le verre vide, ou à moitié plein. »

Parmi vos œuvres, laquelle souhaiteriez-vous voir illustrer cet interview ?

« C’est sans aucun doute ma peinture favorite car elle me rappelle mon voyage à Venise, et en même temps une étape importante de ma création. C’est la première d’une longue série dédiée au corps féminin dans toute sa splendeur et sa vulnérabilité. C’est aussi le début d’un jeu avec l’histoire de l’art, un défi personnel et une grande prise de risque. »

Le Sein Vénitien
Huile sur toile
24 x 19 cm
2020

Œuvres

De haut en bas :

L’Oiseau Vert, huile sur toile, 18 x 14 cm, 2020
The Sacred Tear, huile sur toile, 24 x 19 cm, 2020
Ghismonda, huile sur toile, 24 x 19 cm, 2020

 



Articles de Presse

Journal Tumultes – Exposition Katinka Bock chez Lafayette Anticipations

 

« Le hasard bavarde, le génie écoute. » - Victor Hugo. Caroline Bressolles est diplômée d’un Master de Langues & Civilisations en espagnol, et d’une Ecole de Conseil en Image & Communication. Créative et espiègle, elle est habitée par l’observation et l’intuition. Initiée, la lecture du monde de l’Art tel un écrin du « Beau », lui devient évidence…

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